22 March 2026

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Reportage : ICS, l’enfer quotidien des travailleurs journaliers

Reportage : ICS, l’enfer quotidien des travailleurs journaliers

Aux ICS,  les travailleurs temporaires encore appelés journaliers sont confrontés à plusieurs difficultés : bas salaires, longues heures de travail et conditions de sécurité inappropriées. Des journaliers racontent leurs dures journées et révèlent la précarité à laquelle ils font face.

Il est 13h. C’est l’heure de pause dans l’usine de Darou. Des personnes assises, allongées à même le sol ou debout en petits groupes de discussion, tel est le décor, en plus de timides mouvements dans tous les sens.

Un jeune ouvrier, vêtu d’un t-shirt gris, qui se confond bientôt au noir, casque sur la tête et en jean déchiré qui alignant avec des chaussures envahies par la poussière nous en dit plus sur ces gens, des jeunes en plus grand nombre.

«Certains d’entre eux sont des journaliers qui attendent l’heure pour aller travailler, tandis que d’autres sont là juste pour chercher un travail, pour être pris en tant que journaliers», renseigne-t-il.

«Actuellement, je travaille avec les Indiens depuis le mois d’octobre. Ils ont des projets pour des installations au niveau de Darou», explique Mamadou Mbow qui dit être «un journalier fixe».

Mamadou fait partie de centaines de personnes qui travaillent sans qualification requise. On les désigne par le vocable ‘’journalier’’ dans le langage courant ou travailleurs temporaires.

«Je n’ai pas fait de formation. J’étais un étudiant, mais comme vous le voyez avec le système, j’étais un littéraire, j’étais en sciences juridiques, j’ai fait là-bas deux ans après avec les problèmes de la vie, j’ai dû arrêter et venir travailler au ICS».

Cet ancien étudiant de l’Ucad, Université Cheikh Anta Diop de Dakar est revenu dans son Mboro natal depuis 2002.

«Je ne travaille pas constamment avec les ICS  parce que dés fois tu travailles 3 à 4 mois tu te reposes. C’est juste comme ça c’est pas un travail constant», explique-t-il.

Un ouvrier dans l’usine de Darou Khoudoss par Jeune Afrique

Aux ICS, le recours à ces travailleurs journaliers s’explique par la nécessité de remplacer certains postes vacants. Les départs à la retraite ou autres motifs de diminution du personnel poussent les dirigeants des ICS à recourir à une main d’œuvre journalière pour éviter le ralentissement du travail.

Mais cette forme de recrutement s’accompagne par la violation de plusieurs droits des travailleurs.

«On est en Afrique. C’est-à-dire que tu travailles beaucoup, tu gagnes peu. C’est ça la réalité», se résigne Mamadou.

Mamadou perçoit jusqu’à 4800 FCFA par jour.

  « Ce salaire nous permet juste de régler quelques problèmes, des besoins primaires, manger, boire», se désole le journalier. «Pour dire vrai on gagne peu, ce n’est pas satisfaisant», ajoute-t-il.

Les bas salaires sont problématiques. Et percevoir ce salaire à temps s’ajoute aux soucis de ces travailleurs.

«Avant de percevoir votre salaire, il faut souvent arriver au 15 ou même le 18. Ce n’est pas bon», se plaint Awa Cissé, femme de ménage aux ICS.

La trentaine, Awa gagne 60.000 FCFA par mois. Elle trouve ce salaire faible. «Toute personne qui travaille souhaite au moins avoir le minimum qui couvre ses besoins», lance-t-elle.

Conditions de sécurité inadéquates

Les bas salaires s’ajoutent à de longues heures de travail et des conditions de sécurité inappropriées.

«Non, les conditions de sécurité ne sont pas réunies. On achète nous-mêmes la tenue, les masques, les chaussures. Tout ce qu’ils nous donnent, c’est le matériel comme le balai, eau de javel, le savon», révèle la femme de ménage.

Les journaliers se plaignent quotidiennement du sort que leur réservent leurs employeurs. Ils ne songent même pas aux congés obligatoires, pourtant prévus par la loi.

Des violations flagrantes du droit du travail sont notées.

Qu’en dit la loi?

Selon le Code du travail sénégalais, la durée légale du travail est généralement fixée à 39 heures par semaine et réparties sur cinq jours ouvrables. Les horaires de travail varient en fonction des secteurs et des professions.

Lorsque les employés travaillent au-delà des heures légales, ils ont droit à des heures supplémentaires. Ces heures sont rémunérées à un taux supérieur au salaire horaire normal. Mais les journaliers des ICS ne semblent même pas être au courant de ces dispositions.

Les normes de l’Organisation internationale du travail fournissent un cadre permettant de réglementer les horaires de travail, les périodes de repos journalières et hebdomadaires ainsi que les congés annuels.

Ces ouvriers ne sont pas au courant des risques qu’ils encourent avec le contact des substances toxiques. Plusieurs droits de ces travailleurs sont bafoués.

Ces journaliers travaillent parce qu’ils n’ont pas le choix. Leurs conditions difficiles impactent la considération sur leur l’épanouissement économique avec des problèmes sanitaires.

«Parfois c’est nos yeux qui font mal, parfois c’est la poitrine. Mais on n’ose pas refuser. Parce que si tu refuses, quelqu’un d’autre va accepter», relate Awa Cissé.

Le salaire n’est pas satisfaisant, les conditions de travail pas du tout convenables, mais Awa croit que la situation peut évoluer. «Mon souhait est vraiment de parvenir à avoir un contrat. Car quand on s’active dans un domaine, on vise le progrès», confie-t-elle, la voix basse, l’air optimiste.

Les syndicalistes haussent le ton

Les travailleurs des ICS, à travers les syndicats, ont entrepris plusieurs démarches pour améliorer les conditions de travail des employés. Mais ces actions sont pour la plupart sans succès.

Ousmane Ndiaye, un des responsables syndicaux de l’Intersyndicale des travailleurs des ICS indique que « depuis le 22 septembre 2022, l’Intersyndicale avait soumis une plateforme revendicative à la direction générale, avec comme axes principaux la revalorisation du traitement salarial et la mise en place d’une organisation adéquate pour la pérennisation et la croissance de l’entreprise».

Mais, le syndicaliste juge «indécent» le fait « que c’est avec la souffrance des travailleurs et de leurs familles qu’elle (l’entreprise) compte rassurer les banques, les partenaires financiers et les fournisseurs».

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