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Honneur, fierté et gratitude
Travailler trois années durant à la BBC fut un privilège.

Trois ans ont permis/suffi à nourrir mon parcours d’une double maturité, humaine et technique.
Travailler au sein de l’un des médias les plus vastes et les plus crédibles de la planète procure un sentiment d’honneur. Que ce soit sur les ondes radio ou à travers le digital, j’évalue la chance d’avoir traversé ce qui restera, sans doute, un des chapitres les plus lumineux de ma carrière.
Mais justement, une carrière exige de tracer de nouveaux sillons et d’assumer, avec mesure, la trajectoire choisie.
D’innombrables magazines produits, une immersion constante au cœur de l’actualité, pour « vivre l’actualité » comme vous la voyez en arrière-plan des studios, une pierre portée à l’édifice… La fierté est là, je dois l’avouer.
Ma fierté se trouve encore dans la bienveillance manifestée par les confrères et consœurs lorsque je leur annonçais mon départ de la BBC.
Je peux en conclure que j’ai été poli avec ces collègues qui étaient des aînés, des pères, des mères et même des grands-parents. Cela compte plus que le reste, à mes yeux.
Je ne prétends pas laisser un vide incommensurable, mais je sais ce que je dois à cette maison : une rigueur (je prie qu’elle soit chevillée à mon corps), une exigence aussi.
Ce qui me fait plaisir, c’est d’y avoir pris le goût des standards que tout artisan de l’information ambitionne d’atteindre.
Sous la routine apparente des méthodes, des shifts, du rota, j’ai toujours visé l’excellence. J’ai aimé ce passage.
Si ce départ n’avait tenu qu’à mon cœur, jamais je ne m’y serais résolu. Ce fut un choix de raison, comme il arrive, absurdement, qu’on tourne le dos à un édifice qu’on était en train de bâtir pour trouver de quoi en faire les finitions.






