Analyse : L’intercommunalité, une piste de solution inexploitée
Les collectivités territoriales tirent une grande partie de leurs ressources des taxes et impôts locaux, en plus de la fiscalité pour alimenter leur budget. Mboro et Darou Khoudoss partagent le même territoire. Mais un découpage effectué en 2002 a consacré la division de l’espace. Ce qui a réduit et épuisé les réserves foncières. L’intercommunalité, mode de coopération entre les communes, se présente comme une solution indiquée pour que les deux localités puissent mieux profiter des retombées économiques, au bénéfice des communautés.
Mboro et Darou Khoudoss subissent ensemble les impacts des ICS. Ces deux communes formaient une seule localité. Elles sont victimes d’un émiettement communal. Mais il n’existe toujours pas de cadre défini pour favoriser une meilleure collaboration entre les deux communes.
Cette collaboration pourrait leur permettre de mieux se faire entendre et exiger la prise en charge de leurs préoccupations par les entreprises d’exploitation.
L’intercommunalité se présente comme une solution appropriée.
Mboro et Darou Khoudoss gagneraient à coopérer sur plusieurs plans. La coopération dans la gestion de la fiscalité leur permettrait de mieux maximiser les revenus issus de taxes et impôts.
«Le président Macky Sall a signé le décret 2023 10-40 du 16 Mai 2023 portant sur les modalités de collaboration entre les communautés territoriales», indique Moustapha Mbow, spécialiste en gouvernance territoriale. Selon lui, «l’intercommunalité prend 3 formes: la forme intercommunale, la forme interdépartementale et la forme mixte».
En ce qui concerne Mboro et Darou Khoudoss, l’intercommunalité pourrait présenter plusieurs avantages avec les enjeux miniers de ces zones.
«Si Mboro et Darou Khoudoss parviennent à unir leur force, ils peuvent porter leurs combats dans le cadre d’une intercommunalité pour avoir plus de taxes», explique l’expert en faisant référence au concept de «pollueur payeur» qui devient la tendance actuellement au niveau mondial.

Un autre avantage de l’intercommunalité tient des fonds de péréquation. «La quote-part des ressources annuelles provenant des opérations minières à verser au Fonds de Péréquation et d’Appui aux Collectivités locales est fixée à vingt pour cent (20%), selon le décret 2009-1334. Les ressources provenant des opérations minières ciblées sont notamment les droits fixes et les redevances.
«Ces communes peuvent suivre les démarches pour rendre effective l’intercommunalité qui se présente comme une solution pour mieux bénéficier des retombées des ressources minières exploitées dans ces zones».
Mboro vit essentiellement de la pêche, du maraîchage, de l’extraction et la transformation des phosphates de la mine de ICS , des industries Chimiques du Sénégal anciennement CSPT Compagnie Sénégalaise des Phosphates de Taïba.
Sa situation proche de la côte est également propice aux activités touristiques pour les adeptes du tourisme préférant sortir des sentiers conventionnels.
Mboro et Darou Khoudoss partagent des défis communs tels que les conditions difficiles marquées par un dénuement quasi-total en infrastructures de base, une absence d’unités de stockage et de conservation de produits agricoles adéquates pour une zone avec d’importantes productions maraîchères mais aussi les impacts négatifs des entreprises extractives.
Une mutualisation à travers l’intercommunalité permettrait de maximiser les avantages économiques de l’exploitation des ressources de leurs localités.





