Critique : ICS, le mal nécessaire
Même si la présence des ICS impacte négativement la vie quotidienne des communautés riveraines, l’entreprise s’investit dans le développement socio-économique de la zone à travers la Responsabilité sociétale d’entreprise (RSE). Ces investissements dans divers secteurs comme la santé, le social, l’environnement et le sport permettent à l’entreprise de se faire une bonne image auprès des populations.
Le jeudi 4 janvier 2024, ICS a offert quatre billets de pèlerinage à la Mecque à des autorités des localités impactées. Une action traditionnelle qui s’accompagne d’autres initiatives de l’entreprise pour accompagner le développement des localités environnantes. ICS développe de telles actions dans le cadre de ses activités industrielles et ses relations avec les partenaires locaux pour accompagner le développement des zones impactées.

Des autorités locales dont Amadou Sall, sous préfet de l’arrondissement de Méouane et M.Bounama Diouf représentant ICS à la cérémonie de remises de billets de pèlerinage, photo de la page Darou 24
Malick Mboup, consultant en RSE propose une définition de la RSE comme étant «l’intégration volontaire par les entreprises des préoccupations sociales et environnementales à leurs activités commerciales et à leurs relations avec les parties prenantes».
Évoquant les avantages de la RSE, M. Mboup montre que «mettre en place une démarche RSE améliore la réputation des structures qui paraissent plus à l’écoute des problématiques économiques, sociales et environnementales».
Si ICS tire des avantages de ses actions, les populations bénéficient également de sa politique sociale.
Selon Alassane Diallo, directeur général de la société, «les ICS ont contribué à l’amélioration de l’alimentation en eau des populations, avec le raccordement de 27 villages au forage de Tounde Thioune, qui leur fournit 2.280.000 litres d’eau par jour, ainsi que l’aménagement d’abreuvoirs pour le cheptel».

Depuis son implantation, des investissements à hauteur de «centaines de millions de dollars» ont été consentis dans différents domaines.
«Nous nous battons pour qu’année après année la production augmente
et que nous puissions recruter plus de jeunes, faire plus dans la responsabilité sociétale d’entreprise et d’une manière générale, jouer notre rôle dans l’économie du pays», indique le directeur général.
Fin 2016, une centrale électrique d’un coût total de 22 milliards de francs CFA est installée, permettant l’autonomie de l’entreprise en électricité. Cette centrale d’une capacité de 20 mégawatts a permis de soulager les populations qui faisaient face à des délestages assez fréquents et des baisses tensions dans les installations domestiques.
Lors de l’inauguration, le président Macky Sall a exhorté ICS à continuer «d’accompagner les populations environnantes qui vivent de maraîchage surtout concernant l’eau et le respect des normes environnementales pour la sauvegarde de la santé des habitants de ces localités», selon un article de pressafrik.
L’arbre qui cache la forêt
Les nombreuses initiatives des ICS dans le cadre de la RSE ne règlent pas toutes les difficultés. Les autorités locales ont indiqué que «ces actions ne sont pas concertées». Il n’existe pas de cadre établi qui puisse permettre une meilleure orientation de leurs investissements par rapport aux besoins des populations.
À celà s’ajoutent les indemnisations qui ne sont pas toujours à la hauteur des attentes. À propos de la sécurité et de la protection de l’environnement, les dirigeants des ICS indiquent que «le périmètre industriel a été délimité et sécurisé, et les rejets sont contrôlés suivant les normes». L’agriculture subit de plein fouet la présence des industrie même si ICS concèdent aux agriculteurs la liberté de valoriser les périmètres où l’exploitation minière est terminée avec l’eau des bassins et des résidus fertilisants pour leurs cultures.
BIBLIOGRAPHIE et WEBOGRAPHIE:
– Diallo, Mouhamadou Lamine, 2017, « l’industrie du phosphate à Taiba au Sénégal : front minier et tension locale »
– ELD initiative, 2015, Initiative ELD
– ISRA, 2008, impacts des investissements dans la gestion des ressources au Sénégal : synthèses des études de cas. ISRA : Dakar
– FAO, 2004 « utilisation des phosphates naturels pour une agriculture durable »
– Gphos, Sénégal, 2018, Projet d’exploitation du gisement de Begal, Etude d’impact environnemental et social
– Le quotidien, 8 décembre 2018, société sénégalaise des phosphates de Thiès
– Le quotidien 1 février 2020, Licenciement à la Sephos : 30 pères de famille ensevelis dans les phosphates de Lam-Lam
– Wal fadjri, Novembre 2009, la société sénégalaise des phosphates de Thiés interdite d’exploitation de chaux – les syndicalistes demandent à l’Etat de revoir sa position
– ANSD
– L’industrie minière aurifère du Sénégal, régime fiscal et partage de rente, itie
– Economie de la dégradation progressive des terres dans une région minière du Sénégal, étude sur Mbar Diop,
– Document Mobilisation des ressources financières des collectivités territoriales, Elimane Pouye
– Site Internet du Ministères des mines
– Site Internet Wim Sénégal
– Site Internet Gorée Institute





